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Rugby-boulot-dodo avec Mabinty Sylla


Mabinty Sylla fait partie de celles qui sont dans la vie les mêmes que sur le terrain. Pour elle il n’y a pas de différence, qu’elle passe un examen ou dispute un match décisif la deuxième ligne du Blagnac Rugby fait toujours preuve de générosité et de décontraction. Interview d’une joueuse très prometteuse dont le secret et de ne jamais « se prendre la tête ».


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Comment est naît ta passion pour le rugby ? Ce que je peux dire c’est que ce n’est pas un sport familial, au contraire ma mère était plutôt contre au départ (elle rit). En fait j’ai découvert ce sport à l’école et j’ai toujours voulu en faire. J’ai fait de la natation, du tennis et de la danse avant de pouvoir commencer à jouer vers 12-13 ans. En fait j’ai commencé à chercher un club autour de chez moi et puis l’Union sportive Avignon Le Pontet Vaucluse a été ma première équipe. Au début je jouais avec les garçons, c’était génial, et à un moment il a fallu trouver une section féminine alors j’ai tenté les sélections. J’ai réussi les sélections pour les pôles rugby de Toulouse et Montpellier. Ça a été dur de choisir car Montpellier était plus proche de chez moi mais finalement j’ai opté pour Toulouse même si pour être honnête je ne connaissais pas trop les différences entre les équipes, j’étais encore dans mon monde à Avignon… Après avoir opté pour le Stade Toulousain j’ai finalement fait le choix de Blagnac, c’est une copine qui a su me convaincre.


Tu n’as que 20 ans et tu as commencé le rugby il y a environ 8 ans… Tu as eu le temps de te forger un meilleur souvenir ? Oui, le titre de championne de France cadettes avec Blagnac c’était « ouf ». C’était d’autant plus beau que l’on a galéré pour y arriver… ça été l’aboutissement d’un travail long de trois ans avec une défaite en demi contre le Stade toulousain la deuxième saison dont il a fallu se relever. Mais ce titre est fort car on a toutes senti la progression au fil de ses années et voir les efforts enfin récompensés il n’y a rien de mieux.


Ta sélection avec l’équipe de France -20 ans doit également être un excellent souvenir ? Oui et mon objectif c’est d’y retourner. C’est un rêve qui se réalise même si ma première ne s’est pas passée comme je l’espérais…


Pourquoi ? Disons que ça fait partie de mes mauvais souvenirs également car j’ai reçu un carton rouge pour mon premier match face à l’Angleterre… ça craint.


C’est donc ton pire souvenir ? Oui et le rouge que j’ai pris aussi contre Rennes quelques semaines après être revenue de cette suspension. En fait j’ai enchaîné les deux cartons rouges et à Rennes c’est à cause d’un match qui s’est mal déroulé, nous avons eu une altercation avec les Rennaises et je me suis défendue… Heureusement tout le club m’a soutenu à ce moment là car ça a été une période compliquée à gérer.


Tu disais que le rugby t’a toujours plu, au-delà de ton intérêt pour ce sport, il y a-t-il-eu des joueuses ou des joueurs qui ont été une source d’inspiration ? Je dirai qu’il y a eu deux joueuses qui ont été mes idoles. C’est Manon André et Safi N'Diaye (deux troisièmes lignes internationales françaises). J’ai eu la chance de côtoyer mon idole car Manon m’a entrainé et c’est un rêve qui s’est réalisé. Petite je regardais tous ses matchs et maintenant c’est elle qui vient nous voir jouer au bord du terrain, c’est incroyable. En plus de ça elle m’a donné de précieux conseils lorsque je suis passée de troisième à deuxième ligne.


Justement, tu as eu « la chance » de connaitre un autre poste que deuxième ligne, du coup il y a-t-il une place où tu aimerais jouer un jour ? Je pense que ça ne se fera jamais mais à l’aile (elle rit). Finir le travail de toute l’équipe par un essai j’adorerais faire ça à tous les matchs sinon centre pour avoir plus de liberté de responsabilités.


A défaut de pouvoir marquer tous les dimanches, quel est le geste technique qui te caractérise le mieux ? Je n’en ai pas. Dans le rugby j’aime tout. La touche, le plaquage, les mêlées, j’adore les mauls aussi ! Après voler un ballon en touche c’est « kiffant » et quand tu renverses une mêlée ! Ce travail de coordination et poussée collective c’est magique.


💼

Et à côté du rugby, que fais-tu dans la vie ? Je suis étudiante en 2e année d’un BTS SP3S, c’est-à-dire : Services et prestations des secteurs sanitaire et social. Le social c’est un milieu dans lequel j’ai toujours voulu travailler. Après mon bac pro ASSP que j’ai passé au sport-étude de Jolimont j’ai décidé de poursuivre dans cette voie. Je n’ai pas voulu entrer directement dans le monde du travail et ce BTS me correspondait parfaitement.


Plus tard tu sais déjà ce que tu veux faire. Oui, je souhaite travailler dans le social et m’engager auprès des jeunes en devenant si possible éducatrice spécialisée.


Une profession que tu pourrais allier avec ta passion pour le rugby ? Pas forcément. En fait c’est surtout d’être au contact des jeunes après si ça peut avoir un lien avec le rugby, oui, je ne dirai pas non.


Le rugby c’est un bon support pour venir en aide aux jeunes, concernant ton parcours qu’est ce que le rugby t’as appris et dont tu te sers dans la vie quotidienne ? En premier lieu je dirais rigueur et organisation. C’était et c’est encore mon gros défaut (elle rit). Le rugby m’a aidé sur ce point là car si tu n’es pas organisé ne serait-ce que pour gérer ton emploi du temps et bien tu peux vite perdre pied. Et puis il y a des qualités comme la patience, la résistance mentale et physique que l’on peut transposer. Pour certains c’est l’autonomie et pour les plus timides je remarque que le rugby permet de s’ouvrir aux autres. Moi le rugby m’apaise, ce sport canalise toute l’énergie que j’ai en moi car j’ai un tempérament plutôt agité… Dernièrement j’ai fait un stage auprès de la PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse) et le rugby a été une bouée m’apportant la force mentale et physique de tenir jusqu’au bout car on était confronté à des choses, des histoires dures à encaisser.


Tu dis être « plutôt agitée », es-tu la même sur le terrain que dans la vie de tous les jours ? Oui, je suis exactement la même. On me dit que je suis un peu un personnage, bonne vivante et spontanée… (elle rit). C’est vrai qu’avant les matchs je peux donner l’impression de manquer de sérieux mais je suis comme ça je ne me pose pas de question. Quand je réfléchis trop je stresse. Il me faut cette folie et cet amusement pour me sentir bien et en confiance.


Pour finir, à quoi ressemble ta journée type, entre études et rugby ? Je me lève à 6h30 et me prépare avant de filer en cours. Je fais des journées classiques de 8h – 17h parfois 16h30 ou 15h30. Une fois l’école terminée je rentre pour prendre mon sac qui est déjà prêt afin de gagner du temps avant d’arriver à l’entrainement. J’essaie d’arriver en avance pour faire mes séances individuelles qui me sont envoyées par le pôle France. Ce sont des séances de musculation, de vitesse, d’endurance… Puis vient l’entrainement avec Blagnac jusqu’à 21h/21h30 et enfin je rentre, je mange et fais mes devoirs avant de dormir.


Les lundis ne sont pas trop difficiles ? Faut-il lutter pour ne pas s’endormir en cours ? C’est le jour le plus dur mais les profs sont au courant (elle rit). Je suis K-O souvent mais je m’habitue, en cadettes on jouait le samedi ça allait mais là le dimanche c’est compliqué parfois pour commencer la semaine.


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Par Maxime Brossard

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