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  • Blagnac Rugby

Rugby-boulot-dodo avec Florian Ochoa



Paysagiste en semaine et sécateur le weekend, Florian Ochoa alterne ses journées (très chargées) entre artisanat et art du plaquage. Interview du combatif trois-quarts centre dont on a essayé de suivre le rythme… Accrochez-vous ça risque de tamponner.


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Comment t’es venu cette passion pour le rugby et quand as-tu commencé à jouer ?

Le rugby a été mon tout premier sport et je n’ai jamais changé. C’est une discipline que l’on pratiquait dans la famille, j’avais des oncles qui jouaient et ils m’ont donné envie d’essayer.


Un essai qui a été plus que concluant.

Oui, le rugby ça a été un coup de foudre. J’ai de suite adoré l’ambiance, la solidarité… J’ai commencé à Blagnac et ça fait maintenant 18 ans que je joue pour le même club.


En 18 ans tu as dû te forger de sacrés souvenirs ? Des bons et des mauvais.

Je repense directement à l’année 2014 où nous avions atteint la finale du championnat du France Junior, on s’était incliné face à Oloron mais quel parcours. Je me rappelle du début de saison quand personne ne se connaissait vraiment et puis au fil des matches et de cette aventure des amitiés et de belles rencontres sont nées, c’est quelque chose qu’il faut vivre pour pouvoir le ressentir.


Et pour le mauvais.

(Il souffle) L’élimination contre Oloron forcément en 2018. On ne doit jamais le perdre… jamais (il marque une pause). On est passé à côté ce jour-là car on était meilleur qu’eux je pense. On n’a pas su jouer notre rugby, voilà tout.


On sent une profonde haine de la défaite qui colle bien avec ton tempérament sur terrain, celui d’un type hargneux qui ne lâche rien et adore défendre, c’est un joueur en particulier qui t’as inspiré ?

Non, je n’ai jamais eu de modèle. Après il y a bien des joueurs que j’aimais particulièrement, plus petit quand j’allais souvent voir le Stade Toulousain j’adorais Florian Fritz. On jouait au même poste et son attitude sur le terrain m’a forcement un peu inspiré bon je ne suis pas aussi « branque » que lui (il rit), mais sa fidélité et son engagement à tous les matchs m’ont marqué. Je pourrais aussi citer Yannick Jauzion avec ses capacités à impacter la défense et à distribuer le jeu c’était un monstre.


L’engagement, la combativité et ce goût de la défense, tu dois forcement rêver de jouer troisième ligne ?

C’est un poste que j’adore. J’y ai joué plus jeune comme je plaquais beaucoup justement. Pendant une ou deux saisons j’ai fait flanker en équipe de jeunes mais bon avec le temps j’ai dû basculer au centre. Il me manquait quelques centimètres pour pouvoir y rester surtout quand on voit les carrures des troisièmes lignes de fédérale 1 aujourd’hui…


On parle souvent du plaquage© depuis le début de cette interview, c’est clairement ta marque de fabrique ?

J’adore défendre. Pour moi ce geste démontre le mieux la volonté de gagner. Un beau plaquage appuyé ça remet toujours la marche avant. Un bon « tube » quand le tout le stade fait « uuuuhh » ça te pousse à te surpasser. J’aime cette sensation et ce geste depuis tout petit. Plaquer à tour de bras c’est un peu ma façon de jouer même si attention attaquer me plait tout autant et je bosse également énormément ce secteur de jeu.


On sent que cet attrait pour le plaquage© dénote que le rugby est un exutoire pour toi qui est plutôt calme en dehors du terrain ?

Oui sur le terrain je me défoule, mes parents l’ont d’ailleurs constaté dès qu’ils m’ont inscrit. Je suis quelqu’un qui a besoin de bouger et le rugby c’est idéal pour se dépenser et ça l’est d’autant plus lorsque l’on gagne à la fin du match (il sourit).



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Et ce besoin perpétuel d’être en mouvement se retrouve également dans le métier que tu fais au quotidien ?

Oui car je suis paysagiste. Je travaille d’ailleurs pour l’une des entreprises partenaire du club : les Jardins d’Ortalici. Mon envie de faire ce métier est survenue à la suite d’un stage puis j’ai passé un bac pro et un BTS en aménagement paysager. Faut dire que pour moi rester derrière un bureau toute la journée ça n’aurait pas été possible.


C’est un métier qui mobilise autant l'esprit que le corps, tous les sens doivent être actifs ?

C’est ça qui me plait. Il y a une partie réflexion et une partie création. On bouge et on réfléchit en même temps sans oublier la dimension artistique car ce que l’on doit faire doit être beau. Les journées ne se ressemblent pas, l'emploi du temps est varié, ça va de la taille classique à la maçonnerie en passant par l’aménagement et le design…et puis être en extérieur la majorité du temps est très agréable.


En quoi le rugby peut-il être un plus dans ton métier ?

Il y a des similitudes car il faut être rigoureux et capable de s’adapter à toutes les situations. Comme pour un match on réfléchit à l’avance sur la façon de procéder puis comme en match il faut s’adapter et affronter les difficultés car il faut bien qu’il y ait des problèmes de temps en temps sinon ce n’est pas marrant (il sourit).


C’est un métier très exigeant physiquement, il doit même y avoir un risque de blessure, comment arrives-tu à gérer la fatigue ?

J’avoue que c'est très difficile. Il y a des jours où ça tire… ça m’a valu des blessures musculaires en effet. J’ai dû adapter mon temps et mes entraînements pour favoriser la récupération. Une année j’ai tenté de faire de la musculation à côté mais je me suis rapidement blessé, j’étais trop usé. Du coup je n’en fais plus et l’avantage d’être paysagiste c’est de pouvoir s’entretenir sans avoir à aller à la salle.


Le rythme doit tout de même être d’une rare intensité ? Comment se passe ta journée type ?

Je me lève à 5h45 puis je commence la journée à 7h. Pause d’une heure à midi puis je reprend jusqu’à 16h. Je rentre chez moi et prends le temps de manger et de me reposer un peu avant de repartir m’entraîner puis de rentrer vers 21 h… Je ne fais pas long feu ensuite vers 22h je suis au lit. Les lundis après de gros matchs je ne vais pas mentir en disant que c’est très éprouvant… Pour l’instant j’arrive à tenir ce rythme et j’espère le tenir encore un bon moment pour pouvoir encore jouer et porter le maillot de Blagnac le plus longtemps possible.


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Maxime Brossard

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