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  • Blagnac Rugby

Rugby-boulot-dodo avec Benjamin Daurau-Bedin


Arrière le weekend et banquier la semaine. Tel est le quotidien rythmé de Benjamin Daurau-Bedin. Interview rétro et boulot de ce « pur » caouec qui chaque dimanche n’hésite pas à tomber le costume cravate pour enfiler sa tenue de super héros blagnacais.


🏉

Quand et comment as-tu commencé à jouer au rugby, dans ton cas c’est une histoire de famille ?

Oui, j’ai d’abord suivi mes grands frères (Guillaume et Adrien) qui jouaient. C’est une vraie histoire de famille car mon père a également porté les couleurs de Blagnac puis il a été dirigeant et trésorier du club et ma mère aussi était impliquée dans la vie du club. Chaque weekend je suivais la famille, dès mes premiers pas j’étais aux bords des terrains pour voir mes frères jouer. Du coup je n’ai pas longtemps hésité au moment de choisir un sport, ça a été le rugby et Blagnac et je n’ai jamais pensé faire autre chose ou jouer pour une autre équipe.


En plus de 20 ans au club, quel a été ton meilleur souvenir ?

Il y en a de nombreux. Je dirai l’année en juniors Bélascain qui est une saison de transition avant de passer en senior. Ce fut riche en émotions, on avait une superbe équipe et ce fut une sacrée aventure un peu comme lors de ma première année en équipe réserve. Avec « la Dos » (surnom de l’équipe) on avait atteint les phases finales du championnat de France. L’ambiance était folle en plus d’avoir une belle équipe avec des gars comme Kevin Giovanonni ou Nekelo Tolofua, c’était mémorable.


Et le pire ?

J’ai beau réfléchir, rien ne vient… (il marque une longue pause) Si, la défaite contre Oloron en 2018… On n’aurait jamais dû perdre ce match-là.

Jason Robinson en 2003

A part tes frères que tu as essayé d’imiter, il y a-t-il eu des joueurs dont tu t’es inspiré étant jeune ?

C’est un profil totalement différent du mien mais j’adorais Jason Robinson (l’ancien arrière de l’Angleterre). J’aimais sa volonté de toujours vouloir relancer. Plus récemment la ligne de trois-quarts des Australiens avec Giteau ou Ashley-Cooper m’a fait vibrer !


Et à part arrière ou ailier, il y a-t-il un poste auquel tu rêves de jouer ?

Oui, troisième ligne. Un jour peut-être à un autre niveau j’espère pouvoir évoluer à ce poste même si j’imagine bien mon association avec Matthieu Vachon. (il rit) Moi en flanker plutôt plaqueur-gratteur et lui pour bonifier les ballons, ce serait incroyable.


C’est là que le raffut, ton arme secrète, serait d’une grande utilité ?

Clairement, c’est ma marque de fabrique mais depuis quelque temps je tente aussi les petits coups de pied rasant. J’ai même pu faire une passe décisive pour Guilhem Graulle il n’y a pas si longtemps.

💼

Il n’y a pas que le rugby dans la vie, quelle profession exerces-tu et depuis combien de temps ?

Je suis banquier depuis 5 ans maintenant je travaille pour la Banque Courtois. Après un Master 2 en alternance en banque et finances je me suis dirigé vers la banque et notamment le conseil aux professionnels.


Comment t’es venu l’envie de faire ce métier ?

A la base mon père étant restaurateur je pensais assurer la relève. C’est finalement l’un de mes frères qui s’en est chargé alors j’ai cherché à faire une profession proche de ce que j’avais toujours connu. Un métier fait de rencontres et de contacts comme peut l’être la restauration. J’ai retrouvé cette ambiance avec la banque et le conseil aux professionnels, c’est un poste qui me permet de découvrir tous les jours de nouvelles choses en étant en lien étroit avec des chefs d’entreprises aux univers différents.


Master 2 tout de même, c’est le parcours de quelqu’un qui était bon à l’école ?

On va dire que oui enfin j’espère que ma mère ne va pas lire ce passage… (il rit) Après je n’étais pas un élément perturbateur, au contraire j’étais plutôt discret.


On a l’impression que cela a changé depuis, le rugby t’as permis d’évoluer ? Sur le plan professionnel c’est un vrai plus de faire un sport collectif ?

Clairement, le rugby m’a apporté deux choses dans mon travail. D’abord la sociabilité, le relationnel. Quand tu vis quasiment toute l’année avec 30 ou 40 coéquipiers c’est plus facile d’aller vers les autres. Ensuite le rugby m’a ouvert des portes et il a développé ma combativité. Ne rien lâcher face à la pression, qui est forte dans le monde de la banque, c’est très important sinon tu peux vite sombrer…


Du coup on peut dire que tu es le même sur le terrain qu’au travail, tu n’as pas peur de prendre des risques, de relancer ?

Au début oui mais avec le temps je me suis calmé. Je suis nettement plus mesuré au travail même si ça ne m’empêche pas d’être avec mes collègues comme je suis avec mes coéquipiers, joyeux et de bonne humeur.

Les journées ont l’air chargé tout de même, le rythme rugby-boulot-dodo n’est pas trop dur à suivre ?

Ce sont de longues journées… Je commence à 8 h à la banque puis à 18 h je quitte le boulot pour me rendre à l’entrainement. J’essaie de ne pas être en retard surtout quand c’est la séance vidéo avec Christophe Deylaud sinon ça barde… Après l’entrainement j’arrive à 21h chez moi je mange et au lit. Ça fait cinq ans que je fonctionne comme ça et ça me plait même si les lundis matins après de gros matchs ou de longs déplacements ce n’est pas toujours facile d’être frais en réunion mais bon c’est le jeu.


💤


Maxime Brossard

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