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LES 10 ANS DU BOUCLIER

Ce 25 juin 2008, la nouvelle est écrite en gros sur la une d’un célèbre quotidien local. Le journal traîne, tout chiffonné, au bout du comptoir du bar le Monte-Carlo. Entre deux verres de pastis et un bol de cacahuètes, l’édition du jour de la Dépêche du Midi est déjà passée de mains en mains et confirme ce que beaucoup de monde savait, plus ou moins, dans la ville : Blagnac est rétrogradé en Fédérale 2. Après avoir intégré la Pro D2 le BSCR est maintenant au bord de la faillite. Classés derniers à l’issue de leur passage dans l’antichambre de l’élite, les Blagnacais auraient dû logiquement revenir en Fédérale 1 mais le mal était plus profond que de « simples » résultats sportifs, le club était tout proche de la disparition… « On a bien failli ne plus avoir de club du tout », se remémore Gilles Sicre qui a œuvré pour la reconstruction de l’édifice « pierre par pierre ».

DE BRIC ET DE BROC #1


De dirigeant Gilles devient président et parvient avec l’aide d’une équipe de fidèles à éviter le pire. Ils ont peu de temps et de moyens mais constituent comme ils peuvent un groupe pour la saison 2008-2009. « On avait fait une équipe de bric et de broc et on imaginait bien que la remontée en Fédérale 1 n’allait pas se faire de suite », avoue-t-il. Quelques anciens, des jeunes joueurs talentueux mais en manque d’expérience et un staff compétent donnent toutefois les garanties suffisantes pour entamer le renouveau. Blagnac peut compter sur les dévotions de joueur comme Fabrice Bassaber et l’investissement d’Olivier Carbonneau en place sur le banc aux côtés de Christophe Miatto.


L’emblématique troisième ligne se souvient d’ailleurs très bien de cette période. « On est trois quatre à être restés après la rétrogradation », narre Fabrice en évoquant l’un des choix les plus difficiles de sa carrière. « J’avais 33 ans et je me posais beaucoup de questions car j’aurais pu rejouer encore en Pro D2 mais Gilles Sicre et Philippe Humery ont su me convaincre et nous sommes repartis de zéro », explique l’ex flanker des Caouecs. « La réflexion a pris du temps mais avec Laurent Cettolo qui jouait première ligne on s’est dit que l’on ne pouvait pas laisser tomber le club », lâche ce patron du vestiaire.


Auparavant en charge du groupe espoirs, Olivier Carbonneau n’a quant à lui pas longtemps hésité, « James Carles (directeur sportif) était venu me chercher avant l’épisode Pro D2, on avait été associé avec Christophe Miatto pour gérer les espoirs et on avait bien figuré du coup quand la structure a dégringolé en Fédérale 2 nous avons fait le choix de rester et on nous a fait confiance pour prendre en charge l’équipe 1 ».

Restés à bord, anciens joueurs et ex staff des espoirs vont être ballotés par les flots d’un club tout juste sorti de la tempête et pas complètement préparé à affronter les vagues de la Fédérale 2, un championnat bien plus « rude » qu’il n’y parait. Le 24 mai 2009, Blagnac va échouer en 8e de finale du championnat de France contre L’Isle-Jourdain. Les Caouecs sont éliminés et condamnés à rester à ce niveau. Cependant des fondations viennent d’être posées, les corps et les âmes ont cicatrisé, les vieux se sont un plus aguerris et les jeunes ont appris. L’abattement a laissé place à l’esprit de revanche et l’exercice 2009-2010 arrive au bon moment.

L’ÉTÉ SERA CHAUD #2


La chaleur est accablante. Les souffles aigus des joueurs en manque d’oxygène résonnent dans l’enceinte vide du stade Ernest-Argelès. Les allers-retours s’enchainent et au loin on peut entendre une voix nouvelle qui dirige la séance. C’est celle d’Arnaud Costes, l’ex troisième ligne international (14 sélections) de l’ASM, passé par Castres, Bourgoin, Béziers et Gaillac. Accompagné d’Olivier Carbonneau, ces deux noms célèbres du rugby français sont désormais associés et composent le staff du BSCR. Il faut dire qu’au-delà des températures caniculaires de ces mois de juillet et août, corps des joueurs et téléphones portables ont conjointement chauffé.

En cette nouvelle saison Blagnac a de l’ambition et le fait savoir, « on s’est vraiment donné les moyens de pouvoir croire en cette remontée », commente Gilles Sicre puis de préciser, « on avait un staff de haut-niveau et on a fait le recrutement en conséquence avec une seule consigne : retrouver la Fédérale 1. On ne pouvait pas faire autrement ».

Première étape, changer en partie le banc de touche, rapidement le duo Costes-Carbonneau est formé. Une association née un beau matin alors que l’ancien Clermontois était dans son canapé, « J’étais chez moi quand Gilles et Philippe m’ont contacté, j’avais arrêté de jouer en 2007 à Gaillac et là je sortais d’une courte expérience à Castelnaudary en Fédérale 3 où j’étais venu aider le club par amitié et au nom des liens que j’ai avec la famille Spanghero ». Depuis toujours « passionné par la fonction d’entraineur », Arnaud ne tergiverse pas trop mais promet de venir à une seule condition : « je voulais être sûr d’avoir les clés du camion et pouvoir décider de nombreuses choses ». Sa demande est acceptée, le contrat est signé et la machine se met en marche, vient alors la deuxième partie du plan : la refonte de l’effectif.


« Le club avait une bonne base cependant il a fallu écarter ceux que nous ne considérions pas au niveau », raconte l’entraineur tout juste mis en place. « On a fait le tri et on s’est dit qu’il nous fallait des joueurs plus rugueux et expérimentés pour pouvoir bien figurer », les désirs d’Arnaud et d’Olivier vont s’accomplir et Blagnac va réaliser un recrutement cinq étoiles… Un mercato jusqu’alors jamais observé en Fédérale 2.

Bientôt la suite...

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