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Aurevoir aux Gersois : Pierre Ferrary & Maxime Gaignard


Blagnac dit adieu à deux de ses mousquetaires


Chaque fin de saison a droit à son lot d’émotions. Que votre équipe soit concernée par l’ambition d’accéder en division supérieure ou lutte pour sa survie les dernières journées sont souvent les plus agitées, et ceci même lorsqu’il n’y a plus vraiment d’enjeu. Classés 7e de Nationale avec un dernier match à disputer nos Caouecs n’ont plus la possibilité d’intégrer les play-offs et ne risquent pas de descendre car les relégations ont été annulées. Cependant même niché dans ce que l’on aime surnommer le ventre mou cette fin de saison s’annonce riche en émotions. Pour le constater il suffit de voir arriver à l’entrainement le demi de mêlée Pierre Ferrary et son acolyte gersois le centre Maxime Gaignard. Le soleil de mai a beau être au rendez-vous on ressent pourtant une certaine nostalgie propre aux jours de pluie d’un mois de novembre. Et pour cause, au moment de tendre le micro à deux de nos mousquetaires gersois il faut évoquer leurs départs de Blagnac

Le dernier challenge

Accoudé contre le mur du vestiaire Pierre Ferrary d’habitude impassible a ce coup-ci la gorge nouée car pour le numéro neuf il s’agit plus que d’un simple aurevoir mais bien d’un arrêt. « J’avais dit au staff en arrivant que Blagnac serait mon dernier challenge et c’est donc un départ à la retraite en ce qui me concerne », lâche l’ex-auscitain arrivé il y a trois ans et dont le parcours force le respect. « Je suis venu ici à la suite d’une saison noire, après un accident à l’œil j’avais un gros déficit et les médecins et chirurgiens m’avaient conseillé de ne plus jouer mais le club a su trouver les mots et m’a donné une chance que j’ai prise et que je ne regrette pas », remercie celui qui a dû évoluer avec casque et lunettes de protection lors de ses premières feuilles de match.


A 29 ans l’ancien joueur d’Agen, Auch et Langon va donc raccrocher les crampons. Le boulot, des soucis persistants à l’œil, un physique qui commence à grincer et les incessants allers-retours entre son Gers et Blagnac ont pesé dans la balance. « Je vais évoluer professionnellement (il est contrôleur de gestion dans une concession automobile, NDLR) donc jongler entre rugby et boulot va devenir de plus en plus compliqué et puis je suis un compétiteur je joue pour gagner je ne fais rien à moitié donc je préfère tout arrêter», explique-t-il impatient de se rendre à Bourgoin pour l’ultime match de sa carrière. « Ce sera une belle sortie dans un stade mythique chargé de souvenirs avec notamment le quart de finale du Jean-Prat que nous avions remporté là-bas en 2018 », s’enthousiasme Pierre qui va profiter du très long trajet jusqu’à Pierre-Rajon pour regarder par la fenêtre du bus voir défiler les paysages et tous les souvenirs de sa belle carrière.

Le début d’une nouvelle vie


« J’arrête à Blagnac car je me lance en tant qu’agriculteur dans le Gers », avoue quant à lui sans détour Maxime Gaignard. Passionné par la terre depuis son plus jeune âge ce Gersois pur jus va tenter de réaliser un projet qui lui tient fortement à cœur. Contrairement à Pierre, le trois-quarts centre âgé de 25 ans ne va pas prendre sa retraite mais va faire le bonheur d’un autre club plus près de chez lui, de sa famille et de sa nouvelle vie. « Ce fut une belle aventure je n’ai que des bons souvenirs de ces quatre années à commencer par la victoire à Narbonne en 2018 alors qu’ils venaient de descendre de Pro D2 et on va les cueillir chez eux d’un point (victoire 20-21) en toute fin de match », se remémore Max avec un brin de nostalgie. Abonné aux longs trajets comme ses compères Frédéric Medves et Pierre Ferrary avec lesquels il covoiturait, le centre casqué va donner un peu de répit à son compteur kilométrique mais va de facto regretter les bons moments entre coéquipiers que représentaient ces périples interdépartementaux. « Dommage de ne pas avoir un dernier match sur la pelouse de Blagnac mais bon on va essayer de finir en beauté à Bourgoin et tenter de ramener un autre beau et dernier souvenir sous le maillot blagnacais », conclut-il avec le sourire.

Les compliments du parrain

Le sourire, Éric Escribano a un peu de mal à le garder aux coins des lèvres. Et pour cause quand il s’agit d’évoquer la « mafia gersoise » du Blagnac Rugby « le parrain » a quelques trémolos dans la voix lui qui a pris dans ses valises de nombreux joueurs lors de son arrivée en provenance du FC Auch. « Je suis profondément triste de les perdre car ce sont deux supers joueurs qui sont arrivés ici comme de simples soldats et qui partent aujourd’hui avec le statut de cadres », salue l’entraineur plus espiègle au moment de raconter les traditionnelles anecdotes. « Pour Pierre en rigolant je me rappelle de la première fois de ma vie où je l’ai vu faire une feinte de passe à Tarbes et marquer en suivant… C’était il y a deux ans… Lui qui d’habitude est un artiste de la passe et de la conduite du jeu le voir faire ça m’avait étonné », raconte en se marrant le coach du pack blagnacais. « Pour Maxime ce n’est pas une anecdote je veux juste dire que tout entraineur rêve de l’avoir dans son vestiaire », lâche avec un pincement au cœur Éric avant de conclure : « C’est dur de les perdre ».


Une dernière anecdote pour la fin


Une perte avec laquelle l’entraineur des trois-quarts Romain Fuertes va devoir composer pour la prochaine saison. « Ça fait partie de la vie d’un club et j’espère que tout va bien se passer pour eux dans leurs futurs projets », salue l’ex ouvreur des Caouecs. « On va les regretter c’est sûr car on parle de deux excellents joueurs », décrit le technicien avant de livrer à son tour à de fameuses anecdotes. « Pierre c’est le relais parfait entre nous et l’équipe, par moment il était capable d’entrainer et de jouer à la fois », rit Romain avant de dévoiler un côté insoupçonné de Maxime Gaignard, « On ne dirait pas avec sa gueule d’ange mais c’est un gros râleur et je l’ai vu tricher quelques fois à certains jeux tellement il a la hargne et la rage de vaincre, tout le monde veut être avec lui à l’entrainement tellement il veut gagner quitte à être un peu hors-jeu des fois ». Des défauts qui sont autant de qualités que leurs coéquipiers, leurs entraineurs et les supporters vont regretter alors qu’il est temps de dire au revoir à nos deux Gersois préférés.


Maxime Brossard

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